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Anarchamory

Anarchisme sans adjectif mais pas sans verbe.

Effet papillon, relations affectives et pensée contrefactuelle

Disclaimer : Cet article est largement inspiré d’un statut Facebook que j’ai posté récemment. Il n’a, contrairement à habituellement, aucune prétention argumentative et traduit essentiellement mon ressenti et mes émotions en rapport au sujet qu’il aborde. Cependant, il fera peut-être écho à vos propres émotions et ressentis. S’il contribue à nourrir des réflexions j’en serai heureux mais il n’a pas cette ambition.


L’effet papillon (je parle du film, le 1, version « director’s cut »).

Je l’ai regardé pour la première fois lundi 8 février 2021 avec une chérie qui l’avait déjà vu un grand nombre de fois.

Et je dois dire que j’ai été proprement subjugué par ce film qui conjugue deux thématiques qui me sont chères : le voyage dans le temps (en traitant cette thématique d’une façon originale, cf. infra) et les aléas des relations affectives. Au point où écrire ce billet me paraissait nécessaire (attention, spoilers) :

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« Si t’es pas content.e t’as qu’à partir ! »… ou pas !

Le cybermilitantisme (de gauche notamment), lorsqu’il se déchaîne en mode contestataire (sous une forme ou sous une autre) au sein d’espaces virtuels fermés (groupes Facebook par exemple) peut parfois susciter des réactions qui paraissent de bon sens de prime abord : pourquoi rester quelque part où l’on ne se sent pas bien, dans un lieu “dirigé” par une ou plusieurs personne(s) dont on conteste la politique de (non-)modération voire la personnalité ? Certaines personnes conçoivent ainsi les lieux virtuels qu’elles administrent comme l’extension virtuelle de leur salon. De ce point de vue, tant qu’il n’y aurait pas de propos illégaux qui seraient tenus ou de menaces directes de casser la gueule à quelqu’un, ces personnes seraient parfaitement légitimes pour imposer leur propre fonctionnement sans avoir de compte à rendre à quiconque. Ce serait à prendre ou à laisser. Ainsi, se demanderont-elles, pourquoi ces “méchant.e.s SJW” ne se contentent pas de créer leurs propres espaces virtuels entre personnes LGBTI+, racisées, neuroatypiques, etc. plutôt que d’aller embêter sur leur “terrain de jeu” les amateurs.rices de “blagues sur les blondes”, etc. ? C’est à portée de clic de tout un.e chacun.e et c’est pas comme s’il fallait se partager un espace limité. Et puis sinon, il y a aussi l’option “bloquer”, et hop, on ne voit plus les personnes qu’on juge importunes. Certains espaces virtuels annoncent d’emblée : “nous ne sommes pas safe, vous êtes prévenu.e.s”, ou autre formulation du genre, pensant qu’ainsi ils ont pris toutes leurs responsabilités et que ça les dédouane de toute critique interne, puisque “vous n’aviez qu’à pas venir si c’est pour ensuite rouspéter sur “l’agencement du mobilier””.

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La conjuration de mes insécurités amoureuses

Petit exercice d’introspection après une semaine très chargée en montagnes russes émotionnelles...

Je crois avoir identifié le processus qui me fait me sentir en sécurité avec une relation amoureuse.

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Le pogo des étiquettes : anarchie relationnelle et catégorisation des relations.

Être sans étiquette, hors case, cela présente un goût de liberté et d’authenticité qui peut de prime abord être séduisant pour qui se revendique de l’anarchie relationnelle. Et cela peut aller jusqu’à la provocation de refuser l’étiquette même d’anarchiste relationnel.le jugée déjà trop enfermante.

Pour autant, à moins de renoncer à tous les mots du dictionnaire qui peuvent être considérés comme autant d’étiquettes et ne plus s’exprimer que par grognements, il semble y avoir une limite à cette démarche.

Comment exister socialement en tant que différent.e à la norme dominante si on n’a pas un langage qui permette d’exprimer cette différence ? Comment se reconnaître et se rassembler entre marginaux.les partageant des caractéristiques communes ? Comment faire poids sur la norme dominante afin de la déconstruire si on refuse de la nommer ?

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Ma désorientation amoureuse : causes amicales, conséquences romantiques, attirances WTF.

J’écris cet article afin de faire le point sur ma manière de fonctionner et de ressentir par rapport aux relations interpersonnelles, afin d’être mieux compris et surtout d’éviter de susciter des malaises auprès de mes « ami·e·s proches » ou des personnes qui aspireraient à en faire partie (j’utilise des guillemets, non pour signifier que mes « ami·e·s proches » ne seraient pas vraiment mes ami·e·s proches, mais parce que, ainsi que vous allez le voir, iels ne sont pas tout à fait que ça à mes yeux, et la pertinence de cette étiquette dépendra d’un ensemble de facteurs indépendants de la nature de l’attirance émotionnelle que j’ai pour eux·elles).

Je pense qu’on peut dire de moi que je suis quoiromantique. Et c’est un vrai fatras dans ma tête car j’essaie de me raccrocher au langage et aux concepts du zedromantisme (la façon habituelle qu’ont les gens d’expérimenter l’attirance romantique) sans être zedromantique moi-même.

Je ne vais pas m’attarder sur une définition générale de ce concept de quoiromantisme, mais plutôt m’attacher à expliquer comment je vis concrètement mes relations avec les gens à titre personnel.

Le point fondamental c’est que je ne fais pas de différence entre l’amitié proche et l’amour romantique. Par amitié proche (ou amitié complice), j’entends une forme d’amitié engagée et basée sur un partage d’intimité physico-émotionnelle substantielle (mais pas nécessairement romantico-sexuelle). Telles que je vois les choses, c’est seulement la profondeur de l’intimité physique que l’on partage ou souhaite partager qui va faire passer, à un moment, aux yeux de la société, une attirance / relation, de la case « amicale » à la case « amoureuse » ou « romantique ». Mais le tracé exact de la limite m’apparaît comme fondamentalement arbitraire. Lire la suite

Amoureux·ses ou chéri·e·s ?

Je remarque que beaucoup de polyamoureux·ses, pour parler des personnes avec qui iels sont en relation intime utilisent le mot « amoureux·ses ».

Je n’ai pas fait d’étude sociologique poussée, mais il me semble, sur la base de mon expérience, que ce mot est beaucoup plus employé en contexte polyamoureux que monogame. Seuls les enfants (ou les adultes lorsqu’iels s’adressent à eux) semblent coutumiers du terme : « alors est-ce que tu as déjà un·e amoureux·se ? ».

De ce que j’ai pu remarquer, les monogames non-marié·e·s / non-pacsé·e·s / non-concubin·e·s disent plutôt : « mon copain » / « ma copine » ou « mon chéri » / « ma chérie », parfois « mon ami·e ». On comprendra aisément le problème qu’il y aurait à reprendre les mots « copain » / « copine » ou « ami·e » dans un contexte polyamoureux. Si quelqu’un·e parle de ses copains, copines, ami·e·s, ou d’un copain, d’une copine, d’un·e ami·e, on pensera ces termes dans leur acception platonique. On n’a pas ce problème avec le mot « chéri·e·s ».

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Ce que les animaux nous apprennent sur les relations humaines en Patriarcat…

… et au sein des autres systèmes d’oppression.

Sans qu’il soit question de nier le consentement des individus, il n’est pas interdit de s’interroger de façon efficace et concrète sur ce qui le détermine, afin de revenir à nos véritables aspirations. Cela implique une prise de recul par rapport aux conditionnements normatifs. Un tel travail peut être mené par l’entremise de lectures, réflexions, introspections, méditations, expérimentations… Il n’y a pas forcément une « recette de cuisine » à suivre. C’est l’expérience de la vie, avec audace, et une habitude de questionnement hors des sentiers battus qui va peu à peu conduire à détoxifier nos appétences ainsi que la manière de les exprimer.

Notre rapport habituel aux animaux dits « de compagnie » me semble riche d’enseignements sur les déterminants normatifs de notre rapport à autrui. La plupart des gens caressent et câlinent spontanément chat·te·s et chien·ne·s, alors que, bien entendu, ils n’éprouvent pas d’attirance romantique et/ou sexuelle pour eux·elles… Ce genre d’attirance n’est donc aucunement un prérequis pour fournir certains biens affectifs, relatifs à la tendresse et/ou à la sensualité.

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Grandeur et décadence de la normativine.

Les aventures incroyables et trépidantes du

Toutou Rien.

Épisode 3 : Grandeur et décadence de la normativine.

(Conte et Statères)

Mikaël Mugneret

toutourien

Considérablement réduit par la désertion du gros des troupes, gangrené par la frustration, divisé en de multiples sectes que ne venait plus rassembler la figure tutélaire de leur vénéré maître monté au ciel, le noyau dur des disciples du Toutou Rien était en bien piteux état.

Ils·elles se répartissaient dans des recoins de la montagne, à bonne distance les un·e·s des autres, ou séparé·e·s par des rochers, en groupes de 2 à 5 individus. Un grand nombre préféraient même rester seul·e·s.

C’était le cas de Dom, qui avait élu refuge dans le plus haut sommet de la montagne, et avait construit un grand laboratoire de recherche. Dom ambitionnait de trouver un remède afin de contrer la pénurie de je-ne-sais-quoi (voir épisode précédent).

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La pénurie de je-ne-sais-quoi.

Les aventures incroyables et trépidantes du

Toutou Rien.

Épisode 2 : La pénurie de je-ne-sais-quoi.

(conte ample à Sion)

Mikaël Mugneret

toutourien

Le 3ème jour, le Toutou Rien ressuscita d’entre les morts. Il ressuscita en un éclair, comme il convenait à un Toutou Rien ! Nous avons conté dans l’épisode précédent les grands principes de la philosophie et de la pratique toutouriennes dans ses aspects les plus généraux, et avons abordé ensuite la vie sexuelle et sentimentale du Toutou Rien en nous concentrant sur la seconde. Il nous reste à traiter de la première. Il faut dire que le Toutou Rien était absolument pudibond en matière de sexe depuis qu’il avait ressenti une certaine gène légère à en parler, il y a 8 ans, 3 mois et 7 jours, vers 14h46.

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