Soit A, un état de faits, ou une conjonction d’états de faits, ou une disjonction d’états de faits, ou une disjonction de conjonctions d’états de faits, ou etc., concernant un individu B. A est de façon certaine le Bien personnel pour B si et seulement si :
(1) B croit que A est le Bien personnel pour lui-même ;
(2) B dispose de toutes les données pertinentes concernant :
A et non-A ;
B (donc lui-même) ;
— la relation entre A et B, et entre non-A et B (ce dernier tiret résume les deux précédents et est suffisant).
(3) B dispose d’une rationalité infaillible (cela est facultatif si B dispose de toutes les données pertinentes concernant la relation entre A et B, et entre non-A et B, car, en effet, aucune inférence ne sera requise).

N.B. : Dans les faits, puisqu’il est impossible d’atteindre un tel idéal, A (voire, seulement : A dans certains de ses aspects) ne sera le Bien personnel pour B que de façon plus ou moins probable, à mesure qu’on se rapprochera de cette situation idéale.

(2) et (3) permettent à B de savoir si A est ou non le Bien personnel pour B. En conséquence, je considère que (2) et (3) sont également constitutifs du Bien personnel pour B, en règle générale. Exceptions :
— (2) et (3) ne sauraient être constitutifs du Bien personnel pour B s’ils le contredisent dans des aspects supérieurs (ex. : on peut considérer que la vie est souvent un aspect du Bien personnel qui est supérieur à l’aspect hypothétique de ce Bien personnel qui consisterait dans la connaissance de l’effet que cela fait de se jeter du haut de la Tour Eiffel…).
— (2) et (3) ne sauraient être constitutifs du Bien personnel pour B s’ils violent les libertés individuelles.

Soit un A, le Bien personnel pour l’individu B. B agira de façon à réaliser A, si et seulement si :
(4) B possède la capacité (physique, technique, émotionnelle, intellectuelle, cognitive, économique, sociale, etc.) de réaliser A ;
(5) B est libre de réaliser A (il n’existe aucun obstacle extérieur : personne physique ou morale [dont État], être vivant, objet naturel ou artificiel, qui fait obstacle à son action).

(4) et (5) permettent à B de réaliser son Bien personnel A. En conséquence, je considère que (4) et (5) sont également constitutifs de son Bien personnel, en règle générale. Exceptions :
— (4) et (5) ne sauraient être constitutifs du Bien personnel pour B s’ils le contredisent dans des aspects supérieurs.
— (4) et (5) ne sauraient être constitutifs du Bien personnel pour B s’ils violent les libertés individuelles.

BILAN :

Je distingue 3 grands aspects au Bien personnel :
— Un aspect propre à chaque individu, qui est, dans mon exemple : A – [(2)+(3)+(4)+(5)], et qu’on pourrait considérer comme un aspect motivationnel puisque c’est le but ultime à poursuivre qui va faire agir l’individu (raison pour laquelle il est important pour lui de le connaître)
— Un aspect en terme de capacité : (2), (3) et (4) ((2) semble n’impliquer aucune capacité, mais la connaissance de la relation entre A et B, et entre non-A et B, peut être conçue comme une forme de capacité à identifier A comme étant ou non le Bien personnel de B).
— Un aspect en terme de liberté : (5).