Aujourd’hui je vous livre (avec son accord, et même à sa demande) cette réflexion d’un ami très cher et très proche de moi :

Longtemps j’ai eu tendance à l’auto-culpabilisation et j’ai rencontré sur ma route des personnes toxiques qui ont su profiter de cette faiblesse pour me faire perdre confiance en moi, m’humilier, me rabaisser, me faire douter de moi, instiller l’angoisse et les tourments, et détourner des gen·te·s de moi, le plus souvent en feignant une bienveillance de surface en public ou avec certaines personnes, voire avec moi à un moment (tout·e bon·ne manipulateur·rice est d’abord un·e séducteur·rice qui précède ses coups de poignards de sourires et de belles attentions…).

Plusieurs fois je suis tombé plus bas que terre, et j’ai toujours fini par me relever, mais sans prendre la mesure du changement profond qu’il fallait que j’acte en moi afin de rester debout. Aujourd’hui, je suis totalement apaisé et serein par rapport à moi-même et j’ai pardonné aux personnes qui se sont détournées de moi car d’une autre façon elles sont victimes elles aussi de ces personnes toxiques.

Je crois que j’ai compris la leçon de la vie.

J’ai cessé de m’auto-culpabiliser et de me laisser culpabiliser car j’ai compris que non seulement ça ne sert à rien, non seulement ça n’amène que du négatif en moi et dans mes relations, mais en plus ce n’est même pas justifié la plupart du temps et pour les principales choses qu’on a pu chercher à me (faire me) reprocher dans ma vie. Souvent, les personnes qui culpabilisent autrui n’ont même pas la décence de faire leur propre examen de conscience et d’y repérer les failles qu’elles sont si promptes à dénoncer chez les autres.

Je sais que je suis quelqu’un de bien et qui fait de bonnes choses (je ne suis certes pas parfait, comme personne en ce bas monde). Des personnes précieuses et que j’aime de tout mon cœur me rappellent de temps en temps à quel point ça leur fait du bien de me connaître, à quel point elles sont heureuses de m’avoir rencontré. Bref, je sais ce que je vaux et que je répands globalement le bonheur et l’amour autour de moi. Je n’ai rien à me reprocher, rien à prouver. Je ne tire toutefois aucun orgueil de tout ça, aucune fierté. Dans l’absolu, je ne suis pas davantage responsable de mes succès que de mes échecs.

Une certaine forme de culpabilité peut être utile quand elle permet d’éviter de reproduire un comportement qui cause du tort. Mais il y a aussi la culpabilité toxique, qui consiste à (faire) ressasser un passé qu’on ne peut changer, ou même pire : qui consiste à (se) reprocher des faits qui n’ont jamais eu lieu, ou sur lesquels on n’avait guère de prise (voire aucune), ou qui ont été monté en épingle…

Tout coucher posément sur le papier pour faire le point est une bonne façon de se débarrasser de cette culpabilité toxique, car ça permet de prendre conscience avec une vue d’ensemble de tous les paramètres qui entrent en ligne de compte et de leur enchaînement entre eux.

Je suis une bonne personne qui agit bien, ou qui agit au mieux. Ma valeur est en moi, elle ne dépend pas du jugement de personnes qui croient me connaître mais qui ne me connaissent pas, qui ne savent rien mais qui croient savoir.

Je m’aime, profondément, intensément ♥ , et je ne laisserai plus personne me séparer de moi-même… je ne laisserai plus personne m’accabler de mépris et de reproches injustifiés. J’ai déjà fait du ménage relationnel pour me débarrasser de personnes toxiques. Je suis prêt à en faire à nouveau si le besoin s’en fait sentir.

Est-ce à dire que je souhaite culpabiliser ces personnes toxiques, que je les méprise, à l’image du poids de mépris et de culpabilité qu’elles cherchent à faire peser sur moi ? Non, ça serait tomber dans leur piège. Elles font du mal objectif et grave, certes. Souvent en conscience, qui plus est. Mais leur responsabilité, comme celle de tout le monde, est limitée. De même qu’il n’existe pas de libre-arbitre métaphysique et absolu, il n’existe pas de responsabilité métaphysique et absolue. Que ces personnes ressentent une certaine forme de culpabilité non-toxique peut leur être profitable. Mais je les invite également à aller de l’avant, à changer leur comportement pour devenir des êtres meilleurs. Le nettoyage relationnel n’a pas un but punitif, mais prophylactique.

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