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Anarchamory

Anarchisme sans adjectif mais pas sans verbe.

Catégorie

Relations interpersonnelles, polyamour, anarchie relationnelle

Ma désorientation amoureuse : causes amicales, conséquences romantiques, attirances WTF.

J’écris cet article afin de faire le point sur ma manière de fonctionner et de ressentir par rapport aux relations interpersonnelles, afin d’être mieux compris et surtout d’éviter de susciter des malaises auprès de mes « ami·e·s proches » ou des personnes qui aspireraient à en faire partie (j’utilise des guillemets, non pour signifier que mes « ami·e·s proches » ne seraient pas vraiment mes ami·e·s proches, mais parce que, ainsi que vous allez le voir, iels ne sont pas tout à fait que ça à mes yeux, et la pertinence de cette étiquette dépendra d’un ensemble de facteurs indépendants de la nature de l’attirance émotionnelle que j’ai pour eux·elles).

Je pense qu’on peut dire de moi que je suis quoiromantique. Et c’est un vrai fatras dans ma tête car j’essaie de me raccrocher au langage et aux concepts du zedromantisme (la façon habituelle qu’ont les gens d’expérimenter l’attirance romantique) sans être zedromantique moi-même.

Je ne vais pas m’attarder sur une définition générale de ce concept de quoiromantisme, mais plutôt m’attacher à expliquer comment je vis concrètement mes relations avec les gens à titre personnel.

Le point fondamental c’est que je ne fais pas de différence entre l’amitié proche et l’amour romantique. Par amitié proche (ou amitié complice), j’entends une forme d’amitié engagée et basée sur un partage d’intimité physico-émotionnelle substantielle (mais pas nécessairement romantico-sexuelle). Telles que je vois les choses, c’est seulement la profondeur de l’intimité physique que l’on partage ou souhaite partager qui va faire passer, à un moment, aux yeux de la société, une attirance / relation, de la case « amicale » à la case « amoureuse » ou « romantique ». Mais le tracé exact de la limite m’apparaît comme fondamentalement arbitraire. Lire la suite

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Amoureux·ses ou chéri·e·s ?

Je remarque que beaucoup de polyamoureux·ses, pour parler des personnes avec qui iels sont en relation intime utilisent le mot « amoureux·ses ».

Je n’ai pas fait d’étude sociologique poussée, mais il me semble, sur la base de mon expérience, que ce mot est beaucoup plus employé en contexte polyamoureux que monogame. Seuls les enfants (ou les adultes lorsqu’iels s’adressent à eux) semblent coutumiers du terme : « alors est-ce que tu as déjà un·e amoureux·se ? ».

De ce que j’ai pu remarquer, les monogames non-marié·e·s / non-pacsé·e·s / non-concubin·e·s disent plutôt : « mon copain » / « ma copine » ou « mon chéri » / « ma chérie », parfois « mon ami·e ». On comprendra aisément le problème qu’il y aurait à reprendre les mots « copain » / « copine » ou « ami·e » dans un contexte polyamoureux. Si quelqu’un·e parle de ses copains, copines, ami·e·s, ou d’un copain, d’une copine, d’un·e ami·e, on pensera ces termes dans leur acception platonique. On n’a pas ce problème avec le mot « chéri·e·s ».

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Grandeur et décadence de la normativine.

Les aventures incroyables et trépidantes du

Toutou Rien.

Épisode 3 : Grandeur et décadence de la normativine.

(Conte et Statères)

Mikaël Mugneret

toutourien

Considérablement réduit par la désertion du gros des troupes, gangrené par la frustration, divisé en de multiples sectes que ne venait plus rassembler la figure tutélaire de leur vénéré maître monté au ciel, le noyau dur des disciples du Toutou Rien était en bien piteux état.

Ils·elles se répartissaient dans des recoins de la montagne, à bonne distance les un·e·s des autres, ou séparé·e·s par des rochers, en groupes de 2 à 5 individus. Un grand nombre préféraient même rester seul·e·s.

C’était le cas de Dom, qui avait élu refuge dans le plus haut sommet de la montagne, et avait construit un grand laboratoire de recherche. Dom ambitionnait de trouver un remède afin de contrer la pénurie de je-ne-sais-quoi (voir épisode précédent).

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La pénurie de je-ne-sais-quoi.

Les aventures incroyables et trépidantes du

Toutou Rien.

Épisode 2 : La pénurie de je-ne-sais-quoi.

(conte ample à Sion)

Mikaël Mugneret

toutourien

Le 3ème jour, le Toutou Rien ressuscita d’entre les morts. Il ressuscita en un éclair, comme il convenait à un Toutou Rien ! Nous avons conté dans l’épisode précédent les grands principes de la philosophie et de la pratique toutouriennes dans ses aspects les plus généraux, et avons abordé ensuite la vie sexuelle et sentimentale du Toutou Rien en nous concentrant sur la seconde. Il nous reste à traiter de la première. Il faut dire que le Toutou Rien était absolument pudibond en matière de sexe depuis qu’il avait ressenti une certaine gène légère à en parler, il y a 8 ans, 3 mois et 7 jours, vers 14h46.

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Les aventures incroyables et trépidantes du Toutou Rien.

Les aventures incroyables et trépidantes du

Toutou Rien.

Épisode 1 : Éponyme.

(conte à rebours)

Mikaël Mugneret

toutourienLe matin, quand il se réveillait, le Toutou Rien était d’emblée d’attaque et plein d’énergie alors que la fraction de seconde avant il était en phase de sommeil profond aux limites du coma. Après c’était l’heure de manger. Soit le Toutou Rien décidait de jeûner, soit il se faisait péter l’estomac en avalant 3 sacs de croquettes et 3 kg de pâté pour chien. Ensuite, le Toutou Rien allait se promener. Soit il avançait péniblement comme une limace, soit il courait comme un guépard. Sur son chemin, le Toutou Rien rencontrait souvent d’autres toutous. Certain·e·s étaient d’excellent·e·s ami·e·s à lui, sur lesquel·le·s il pouvait compter les yeux fermés. Les autres étaient des ennemi·e·s juré·e·s à abattre. Le Toutou Rien n’aimait se promener qu’en été, par +35°C, en plein Soleil, ou alors en hiver, par -15°C, quand soufflait la bise. Le Toutou Rien avait décidé de ne pas fonder de famille, car s’il avait dû avoir des chiots, il aurait fallu qu’il en ait au moins 10. On ne fait pas les choses à moitié quand on s’appelle Toutou Rien ! En général, le Toutou Rien était hyper joyeux. Heureusement d’ailleurs, car quand il n’était pas hyper joyeux alors il était hyper triste. Le Toutou Rien travaillait très dur, au moins 70 heures par semaine. C’était ça ou rien ! Le Toutou Rien travaillait dans l’informatique et la logique. C’était le meilleur spécialiste mondial en langage binaire. Si ça n’avait pas été le meilleur, ça aurait été le pire… Lire la suite

Ré-love-ution de l’entre-deux…

J’aime le doux murmure des cancaniers,
Quand je m’affiche au bras d’une amitié
Câline, affectueuse et sensuelle,
Mais ni romantique ni sexuelle.
La révolution n’est pas dans les urnes !
La ré-love-ution n’est pas dans les burnes !
La vraie subversion est dans l’entre-deux,
Entre amitié et amour amoureux.
Anarchie du sentiment,
Vérité des affinités,
Par delà les carcans,
De la normalité.
Queerplatonique,
Plutôt que nique,
J’aime faire l’amour tout en caresses,
Sur mon corps, de tes mains, déesse !

✨Mer d’Amour✨

Les relations sont comme la mer,
Elles subissent flots et jusants.
Ne les retenez pas, c’est usant.
Cela rend les cœurs amers.
Acceptez de laisser aller le reflux,
Même s’il prend des airs de « jamais plus ».
Au fond personne n’en sait rien…
Mais jusqu’à présent la mer revient,
Parfois la même, et parfois non,
Quand seules les lois de l’existence
Expliquent sa fuite vers l’horizon.
Réjouissez-vous des expériences,
Qu’elle drainera avec foison !
Et si la mer n’en revient pas,
Ou qu’elle revient couci-couça,
Si votre conscience est toute nette,
Et que vos actes sont honnêtes,
Acceptez-le sans auto-blâme,
On n’est pas maître des bleus de l’âme,
Qui font, chez autrui, l’occasion de brisures,
Pour cause d’impromptues froissures.
Et pendant les mortes-eaux,
Voguez vers d’autres littoraux,
Qui connaîtront les vives-eaux,
Et baignez-vous de renouveau.

Je suis en amour avec moi-même…

Aujourd’hui je vous livre (avec son accord, et même à sa demande) cette réflexion d’un ami très cher et très proche de moi :

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Le polyamour est-il une arnaque des hommes pour exploiter sexuellement les femmes ?

PRÉCISION PRÉLIMINAIRE IMPORTANTE : Je suis un homme blanc cisgenre avec un passing d’hétéro. Le présent article reflète donc le point de vue d’un homme blanc cisgenre avec un passing d’hétéro sur cette question et ne saurait donc prétendre à l’objectivité ou à l’universalité. Le point de vue duquel on parle a toujours une influence sur ce que l’on dit. Cet article comporte donc probablement plusieurs biais (que vous pouvez me signaler afin que je l’améliore). Même si j’ai pris un certain soin à l’écrire afin d’éviter de tomber dans les biais les plus évidents, je ne peux absolument pas garantir qu’il en est exempt. Ne vous contentez pas de la lecture de cet article pour vous faire une idée sur la question. Je vous invite à lire notamment ce que des autrices féministes, des auteurs et des autrices racisé·e·s, ont pu écrire sur ce sujet. Le présent article s’adresse surtout à mes pairs et essaye de s’inscrire dans une démarche d’allié. Je ne sais pas jusqu’à quel point il y parvient, mais la bonne volonté est là. N’hésitez pas à me faire part de toute remarque que vous jugeriez opportune afin que je puisse l’améliorer.

Un certain nombre de féministes radicales [♦] m’ont déjà fait cette remarque que le polyamour serait une arnaque des hommes (comprendre : des hommes cishet) pour exploiter sexuellement le corps des (personnes perçues comme) femmes. C’est une remarque que j’avais trouvée quelque peu blessante, j’avoue, quand on me l’a faite. Une remarque qui me paraissait évidemment à côté de la plaque, puisque :

  • le polyamour n’implique pas nécessairement de relations sexuelles ;
  • le polyamour n’implique pas nécessairement de relations entre des hommes (cishet) et des (personnes perçues comme) femmes ;
  • le polyamour suppose que toutes les personnes concernées sont consentantes ;
  • le polyamour suppose que toutes les personnes concernées peuvent avoir également d’autres relations intimes.

[♦] Je n’ai rien contre le féminisme radical, bien au contraire. Ce mouvement, comme beaucoup de mouvements, présente une diversité d’opinions, et on y trouve donc des anti-polyamour… Elles sont cependant minoritaires à ce que je vois. Un plus grand nombre de féministes radicales ont une attitude neutre voire amicale envers le polyamour. Il me semble qu’il y a même davantage de féministes radicales elles-mêmes polyamouristes qu’il n’y a de féministes radicales anti-polyamour. Ce constat n’a toutefois aucune prétention scientifique et reflète seulement ma modeste expérience des féministes radicales. Un gros biais, dans l’affaire, c’est que j’évite de côtoyer de trop près des personnes qui pensent que quelque chose qui me tient à cœur est immoral… Toutes les féministes radicales ne sont donc pas anti-polyamour. Toutefois, il n’y a guère que chez les féministes radicales que j’ai vu ce genre d’opposition au polyamour. L’autre grand courant qui est le féminisme dit « pro-sexe » peut difficilement compter dans ses rangs des personnes anti-polyamour (à raison, certaines personnes de ce courant du féminisme préfèrent parler de « pro-choix », puisqu’il ne s’agit pas de dire que le sexe c’est forcément bien et que tout le monde devrait en faire, mais seulement de lever un certain nombre d’injonctions répressives au sujet du sexe).

Alors, qu’en est-il ? Le polyamour est-il une arnaque des hommes (cishet) pour exploiter sexuellement le corps des (personnes perçues comme) femmes ?

(Spoiler :

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