Disclaimer : Cet article est largement inspiré d’un statut Facebook que j’ai posté récemment. Il n’a, contrairement à habituellement, aucune prétention argumentative et traduit essentiellement mon ressenti et mes émotions en rapport au sujet qu’il aborde. Cependant, il fera peut-être écho à vos propres émotions et ressentis. S’il contribue à nourrir des réflexions j’en serai heureux mais il n’a pas cette ambition.


L’effet papillon (je parle du film, le 1, version « director’s cut »).

Je l’ai regardé pour la première fois lundi 8 février 2021 avec une chérie qui l’avait déjà vu un grand nombre de fois.

Et je dois dire que j’ai été proprement subjugué par ce film qui conjugue deux thématiques qui me sont chères : le voyage dans le temps (en traitant cette thématique d’une façon originale, cf. infra) et les aléas des relations affectives. Au point où écrire ce billet me paraissait nécessaire (attention, spoilers) :

▶️ Déjà, j’ai tendance à vivre dans le regret et l’auto-culpabilisation de façon assez courante. Je sais que ça ne sert pas à grand chose mais je me dis souvent que les choses auraient pu être différentes, en mieux, si j’avais agi autrement à certains points clés de mon existence. Mais encore aurait-il fallu avoir la connaissance des conséquences. Comme dans le film, j’ai l’impression que certains événements isolés et mineurs de ma vie ont entraîné, souvent par un effet boule de neige, des bouleversements majeurs que j’aurais souhaité éviter et que, je pense, j’aurais pu éviter. Ma vie (comme beaucoup d’autres vies, je n’en doute pas) est jonchée de ruptures plus ou moins douloureuses ou d’occasions manquées, d’un point de vue professionnel ou personnel. Sans doute que si j’avais connu l’avenir à l’avance ça m’aurait donné la conviction intellectuelle et la force émotionnelle de faire les bons choix aux bons moments et ainsi de m’épargner bien de la souffrance et de la frustration.

▶️ Et je fantasme un retour dans le passé afin de corriger tous ces points de détail apparents aux conséquences funestes. Voilà une des raisons majeures de ma fascination, en SF, pour le thème du voyage temporel. D’un point de vue un peu moins fantasmatique quand même, j’ai souvent l’espoir que les gens que j’ai déçu, après avoir compris les mécanismes par lesquels tout a pu cafouiller bien malgré moi, parviennent à faire abstraction de l’événement déclencheur pour dérouler en pensée la chaîne alternative des causes et des effets, et voyant ainsi comment tout aurait pu aller bien mieux, acceptent de me redonner ma chance. Parce qu’au fond, la personne qu’ils ont aimé, apprécié, estimé, etc. durant un temps plus ou moins long, cette personne elle existe bel et bien. Ils ne se sont pas trompés à son sujet, au moins pour l’essentiel. C’est juste que des accidents minimes (internes et/ou externes, peu importe) ont fini par prendre des proportions gigantesques à travers le temps en vertu de l’effet papillon. Et j’ai souvent l’espoir que les gens, notamment ceux que j’aime, fassent de même entre eux. En effet, je n’aime pas les conflits, les haines, les rancœurs, les rancunes et les tensions entre les gens que j’aime. J’en ai d’ailleurs souvent fait les frais indirectement, quelque fois en mode « c’est elle/lui ou c’est moi ».

▶️ Enfin, sur un plan technique (et peut-être que c’est lié à mes études en biologie et en sciences cognitives) l’idée de voyages temporels ayant comme soubassement une particularité neuropsychologique me séduit beaucoup (je l’avais déjà imaginé de mon côté). D’habitude, ce thème est abordé sous l’angle de la physique (j’ai appris toutefois que cette façon d’envisager les voyages temporels n’est pas si rare en SF et qu’elle porte un nom : la métempsycose temporelle). Les voyages à grande vitesse, voire à vitesse supraluminique, ou l’exploration de singularités gravitationnelles comme les trous de ver constituent des modalités classiques par lesquelles on conçoit la possibilité de voyages temporels. Si le temps est peut-être une dimension physique, en revanche il n’est pas idiot de supposer que la sensation elle-même d’écoulement du temps et donc de présent psychologique a un fondement neuropsychologique, en relation avec la mémoire épisodique notamment, et même se réduit à ça… L’écoulement du temps peut-il être autre chose qu’une illusion ? Si le temps s’écoule, il a donc un débit. Mais un débit se mesure par rapport au temps. Comment l’écoulement du temps lui-même pourrait-il se mesurer par rapport au temps ? C’est insensé…


« La pensée contrefactuelle est un concept en psychologie qui implique la tendance humaine à créer des alternatives possibles aux événements de la vie qui se sont déjà produits; quelque chose qui est contraire à ce qui s’est réellement passé. La pensée contrefactuelle est, comme elle le dit: «contraire aux faits». Ces pensées consistent en « Et si? » et le « Si j’avais seulement … » qui se produit quand on pense à la façon dont les choses auraient pu se passer différemment. Les pensées contrefactuelles incluent des choses qui – dans le présent – ne pourraient plus jamais se produire dans la réalité parce qu’elles se rapportent uniquement à des événements qui se sont produits dans le passé.

[…]

Le terme «contrefactuel» est défini par le dictionnaire Merriam-Webster comme contraire aux faits. Une pensée contrefactuelle se produit lorsqu’une personne modifie un événement factuel antérieur et évalue ensuite les conséquences de ce changement. Une personne peut imaginer comment un résultat aurait pu se passer différemment, si les antécédents qui ont conduit à cet événement étaient différents. Par exemple, une personne peut réfléchir sur la façon dont un accident de voiture aurait pu tourner en imaginant comment certains des facteurs aurait pu être différent, par exemple, si je ne l’ avais pas été … excès de vitesse . Ces alternatives peuvent être meilleures ou pires que la situation réelle, et à leur tour donner des résultats possibles améliorés ou plus désastreux. Si seulement je n’avais pas accéléré, ma voiture n’aurait pas été détruite ou si je n’avais pas porté de ceinture de sécurité , J’aurais été tué . Il a été démontré que les pensées contrefactuelles produisent des émotions négatives, mais elles peuvent également produire des effets fonctionnels ou bénéfiques. Il existe deux types de pensées contrefactuelles, vers le bas et vers le haut. Les contrefactuels à la baisse sont des pensées sur la façon dont la situation aurait pu être pire; et les gens ont tendance à avoir une vision plus positive du résultat réel. Les contrefactuels ascendants sont des pensées sur la façon dont la situation aurait pu être meilleure. Ces types de pensées ont tendance à rendre les gens insatisfaits et malheureux; cependant, les contrefactuels ascendants sont le genre de pensées qui permettent aux gens de réfléchir à la façon dont ils peuvent faire mieux à l’avenir. Ces pensées contrefactuelles, ou pensées de ce qui aurait pu arriver, peuvent affecter les émotions des gens, comme les amener à ressentir du regret , de la culpabilité, du soulagement ou de la satisfaction. Ils peuvent également influer sur la façon dont ils perçoivent les situations sociales, par exemple qui mérite le blâme et la responsabilité. »

Pensée contrefactuelle – https://fr.qaz.wiki/wiki/Counterfactual_thinking